|  L’approfondissement des sens de la résurrection Outre l’insistance des psaumes sur le renouvellement des cœurs, l’Ancien Testament rapporte des résurrections opérées par les prophètes, celles-ci sont comme une annonce de la résurrection du peuple de Dieu échappant à toute les forces qui se sont liguées contre lui. La plus émouvante de ces résurrections est celle du fils de la Sunamite. Elisée avait obtenu la naissance de cet enfant alors que sa mère paraissait stérile, or, quand le petit a grandi, il meurt dans les bras de sa mère. Celle-ci s’empresse de retrouver Elisée et l’amène auprès du défunt: “Le prophète entra, ferma la porte sur eux deux et pria Dieu. Puis il monta sur le lit, s’étendit sur l’enfant, mit sa bouche contre sa bouche, ses yeux contre ses yeux, il se replia sur lui et la chair de l’enfant se réchauffa.” (2 Rois 4, 33-34) En prenant en quelque sorte la taille de l’enfant, Elisée annonçait l’abaissement du Christ: “Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes.” (Epître aux Philippiens 2, 6-7)
Les circonstances de la résurrection de Lazare présageaient le mystère pascal qui allait se réaliser quelque jours après, à Jérusalem: la mort du Christ et sa propre résurrection.
Prêchant aux Corinthiens, la résurrection des morts saint Paul la présente comme étroitement liée à celle du Christ. Il dit même: “Nous sommes pleins d’assurance et préférons quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur. Aussi que nous demeurions en ce corps ou que nous le quittions avons nous à cœur de lui plaire.” (Corinthiens 5, 8-9) C’est cette union au Christ qui fonde notre conviction de retrouver la totalité de notre être auprès de lui, la mort n’étant qu’un passage qui n’interrompt pas notre relation à lui. En effet Saint Jean a pu écrire: “Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort… A ceci nous avons connu l’amour: celui-là a donné sa vie pour nous et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères.” (1 Jean 3, 14-16) Ce miracle de la résurrection de Lazare est donc un signe de notre passage de la mort à la vie dès cette terre. Saint Paul explique: “ensevelis avec lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l’a ressuscité des morts.” (Colossiens 2, 12)
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